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Huile de poisson (acides gras Omega-3)

  • Photo du rédacteur: Javier Jacqmin
    Javier Jacqmin
  • 1 janv.
  • 3 min de lecture

L’utilisation des médecines dites alternatives et complémentaires (MAC) est de plus en plus fréquente. Mais qu’est-ce qui est réellement utile, potentiellement dangereux, ou soutenu — ou non — par la littérature scientifique ?

C’est dans cette optique que nous mettrons en avant certains traitements, initialement considérés comme alternatifs, qui sont entrés dans ce que certains appellent la médecine moderne ou conventionnelle, tandis que d’autres restent encore classés comme alternatifs.

Les informations présentées proviennent principalement des travaux du Professeur Edzard Ernst, de ses recherches, de ses articles et de son ouvrage Alternative Medicine – A Critical Assessment of 202 Modalities.



"Les préparations à base d’huile de poisson, riches en acides gras oméga-3, comptent parmi les compléments alimentaires les plus populaires et les plus étudiés.


Dans les années 1970, deux chercheurs danois, Bang et Dyerberg, ont observé que les Inuits du Groenland présentaient une prévalence nettement plus faible de maladies coronariennes que la population danoise continentale. Ils ont également noté que leur alimentation était riche en graisse de phoque et de baleine, et ont suggéré que ce régime alimentaire jouait un rôle clé dans cette protection cardiovasculaire.

Les recherches ultérieures ont montré que ce régime contenait des concentrations particulièrement élevées d’acides gras polyinsaturés oméga-3, issus des poissons dont se nourrissent phoques et baleines.


Les premières études ont mis en évidence de nombreux effets cardiovasculaires et anti-inflammatoires liés à la consommation régulière d’huile de poisson, ce qui a conduit à une promotion très large des compléments d’oméga-3 pour de nombreuses indications (Ponte et al., 1997).


Cependant, nombre de ces résultats initiaux ont été remis en question par des études plus rigoureuses (Revue Cochrane), entraînant un certain recul de l’enthousiasme pour ces suppléments (Abdelhamid et al., 2018). Les données actuelles sont complexes et parfois contradictoires (Pauwels & Kostkiewicz, 2008), mais suggèrent que la supplémentation en oméga-3 pourrait présenter un intérêt pour :


  • la réduction de la pression artérielle ;

  • la normalisation de taux élevés de triglycérides sanguins ;

  • la stabilisation de certaines arythmies cardiaques ;

  • certaines formes de dépression ;

  • le traitement du psoriasis.



Une revue a également suggéré un effet bénéfique potentiel sur les symptômes de l’anxiété clinique. D’autres travaux récents évoquent un rôle possible dans la prévention de certaines maladies auto-immunes (Hahn et al., 2022) et dans l’allongement de la survie chez des patients atteints de cancer (Wang et al., 2022), bien que ces résultats nécessitent confirmation.


Il n’est toutefois pas indispensable de prendre des compléments pour bénéficier des effets des oméga-3. Une revue récente recommande plutôt la consommation de une à deux portions de fruits de mer par semaine, afin de réduire le risque d’insuffisance cardiaque, de maladie coronarienne, d’accident vasculaire cérébral ischémique et de mort subite, en particulier lorsque ces aliments remplacent des options nutritionnelles moins favorables (Rimm et al., 2018).


Enfin, des apports très élevés en oméga-3 (≥ 3 g par jour) peuvent augmenter le risque de saignement et d’AVC hémorragique. Un autre problème réside dans le fait que certains compléments d’huile de poisson peuvent être contaminés par le mercure, une substance évidemment toxique."


Sources :

  • Ernst, E. (2022). Alternative medicine : A Critical Assessment of 202 Modalities. Springer.

  • Ponte E, Cafagna D, Balbi M. Patologia cardiovascolare ed acidi grassi omega-3 [Cardiovascular disease and omega-3 fatty acids]. Minerva Med. 1997 Sep;88(9):343-53. Italian. PMID: 9411311.

  • Abdelhamid, A. S., Brown, T. J., Brainard, J. S., Biswas, P., Thorpe, G. C., Moore, H. J., Deane, K. H., AlAbdulghafoor, F. K., Summerbell, C. D., Worthington, H. V., Song, F., & Hooper, L. (2018). Omega-3 fatty acids for the primary and secondary prevention of cardiovascular disease. Cochrane Database Of Systematic Reviews. https://doi.org/10.1002/14651858.cd003177.pub4

  • Pauwels, E. K. J., & Kostkiewicz, M. (2008). Fatty Acid Facts, Part III : Cardiovascular Disease, or, a Fish Diet is noy Fishy. Drug News & Perspectives, 21(10), 552. https://doi.org/10.1358/dnp.2008.21.10.1314058

  • Hahn, J., Cook, N. R., Alexander, E. K., Friedman, S., Walter, J., Bubes, V., Kotler, G., Lee, I., Manson, J. E., & Costenbader, K. H. (2022). Vitamin D and marine omega 3 fatty acid supplementation and incident autoimmune disease : VITAL randomized controlled trial. BMJ, 376, e066452. https://doi.org/10.1136/bmj-2021-066452

  • Wang, Y., Liu, K., Long, T., Long, J., Li, Y., Li, J., & Cheng, L. (2022). Dietary fish and omega-3 polyunsaturated fatty acids intake and cancer survival : A systematic review and meta-analysis. Critical Reviews In Food Science And Nutrition, 63(23), 6235‑6251. https://doi.org/10.1080/10408398.2022.2029826

  • Rimm, E. B., Appel, L. J., Chiuve, S. E., Djoussé, L., Engler, M. B., Kris-Etherton, P. M., Mozaffarian, D., Siscovick, D. S., & Lichtenstein, A. H. (2018). Seafood Long-Chain n-3 Polyunsaturated Fatty Acids and Cardiovascular Disease : A Science Advisory From the American Heart Association. Circulation, 138(1), e35‑e47. https://doi.org/10.1161/cir.0000000000000574

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